Octobre 2015: Les homosexuels devraient-ils s’attendre à quelque chose du synode des Évêques catholiques?

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La question LGBT reste posée au sein de l’Eglise catholique depuis toujours, que ça soit du dedans ou du dehors. Depuis l’année passée, cette Eglise a mis la question à table à travers le synode des Evêques qui devrait se rassembler encore une fois dans un mois pour prendre des décisions finales. La communauté LGBT devrait-elle espérer mieux par rapport à la discrimination et stigmatisation dont elle reste encore victime ?

Les points 55 et 56 du rapport final de la session synodale de 2014, sont assez clairs jusque-là sur les positions de l’Eglise catholique sur la situation des personnes homosexuelles. Cependant, ce rapport n’aborde pas toute la question dans sa généralité, mais se limite seulement au mariage gay. Selon ce document, « Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille. Néanmoins, les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect et délicatesse. À leur égard, on évitera toute marque de discrimination injuste. » Ce sera tout comme conclusion sur la question. Avec une conclusion aussi résumée que celle-ci, qui ne tient pas compte de toute l’étendue de la question, on peut se demander si les conclusions d’octobre prochain sur cette réunion apporteront quelque chose de nouveau.

Des pèlerins participants à la séance d’évangélisation et de guérison, animée par le prédicateur Jean Pliya. Source: Blog du Mont Sion Gikungu

L’Eglise catholique étant une institution d’une grande notoriété à travers le monde et comptant dans certaines parties du monde la majorité des croyants, elle a un grand rôle à jouer dans la promotion effective des libertés humaines. Quoi que souvent traditionaliste, elle s’ouvre de plus en plus aux réalités contemporaines et se pose des questions. La preuve est que la question homosexuelle soit mise à table et discutée. Disons que ceci est un pas. Mais ce pas n’aurait-il pas besoin d’être appuyé pour qu’il soit un pas de géant ? L’Eglise catholique, dans sa hiérarchie surtout, n’a-t-elle pas encore besoin de comprendre la réalité homosexuelle pour que ses décisions par rapport à cela soient conséquentes ? La petite conclusion sur la question des personnes homosexuelles dans ce rapport précité révèle combien cette Eglise romaine ignore encore des réalités LGBT, s’il ne s’agit pas d’en faire fi. Comment par ailleurs, devrait-elle prendre des décisions pour la vie des gens, une vie privée pour le reste, quand aucune des personnes concernées n’est concertée ? Peut-on prendre des décisions sur une question dont on ne maitrise pas les enjeux ? Il est dès lors plausible de se demander s’il n’est pas opportun pour le mouvement activiste d’aider ces prélats à comprendre ce sur quoi ils veulent décider. Le document préparatoire du prochain synode lui-même ne revient pas assez sur la question. En plus de la conclusion résumée de la dernière session d’octobre 2014, ce document ajoute quand-même une note d’espoir sans aucune perspective concrète, du reste. Au numéro 131 il est dit : « Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes. » Jusque-là, l’Eglise veut juste adopter un comportement « humain » envers les personnes homosexuelles. Mais que pense-t-elle du comportement homosexuel lui-même et quelle est son attitude par rapport à cela.

La question reste posée. Jusqu’ici, l’Eglise recommande aux personnes homosexuelles une vie chaste plutôt (point 2359 du Catéchisme de l’Eglise Catholique), c’est-à-dire une vie de continence sexuelle. Est-ce ceci un langage réaliste à tenir devant l’homme contemporain ?

Lire aussi: BURUNDI: L’église catholique contre le 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza.

Slate Fr: Le pape peut-il changer la vision de l’Eglise sur le sexe?

360Degré: Action de Carême accusée de « Lobbying LGBT ».

France: L’église Protestante autorise les bénédictions des couples gays.

De nouvelles mesures restreignant les libertés d’organisation au Burundi

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Ces derniers mois, des manifestations ont été observées dans le pays pour contester que le Président de la République Son Excellence M. Pierre NKURUNZIZA se représente aux élections présidentielles de 2015. Certains partis politiques de l’opposition et certaines ONG nationales et internationales se sont opposés à la volonté du président de briguer un autre mandat qu’ils jugent illégal et contraire à la Constitution du Burundi.

Au lendemain de la formation de son gouvernement, le président de la République dans son discours à la nation a annoncé de nouvelles réformes. Dans ces réformes, le Président a notamment indiqué la mise en place d’une Commission chargée des ONGs tant nationales qu’internationales.

« Nous allons faire examiner en profondeur comment mettre sur pieds une Commission chargée des ONGs nationales et internationales, de les agréer et de faire le suivi sur la manière dont elles font leur travail : il est démontré qu’un certain désordre existe dans ces Organisations.
Cette Commission fera le suivi des réalisations de ces ONGs afin que leur apport au développement du pays soit plus visible et qu’il augmente conformément aux nouvelles dispositions règlementaires qui vont être bientôt définies. Les financements de ces Organisations devront passer par des canaux bien connus et servir à des fins auxquelles ils avaient été destinés. Au cas contraire, les lois et règlements seront appliqués, et celui qui les aura enfreints, qui qu’il soit, sera sanctionné. »

La mise en place de cette Commission pourrait être perçue comme visant à restreindre la liberté d’association, garantie par la Constitution du Burundi dans son article 32 qui indique que : « La liberté de réunion et d’association est garantie, de même que le droit de fonder des associations ou organisations conformément à la loi. »

Des acteurs de la société civile en visite à Pierre-Claver MBONIMPA, prison centrale de Mpimba en Juin 2014. Source: http://www.iwacu-burundi.org

Sachant que les relations entre l’Etat et certaines Organisations de la Société civile n’ont pas été bonnes ces derniers temps, les réformes annoncées peuvent être interprétées comme une immixtion de l’Etat dans la gestion de ces Organisations. Ces réformes pourraient être perçues en même temps comme des mesures de représailles contre les ONG qui ont manifesté leur engagement dans la campagne contre un «  troisième » mandat du Président Pierre NKURUNZIZA.

Les motifs avancés par le gouvernement d’orienter les financements octroyés à ces Organisations vers les apports au développement n’ont pas de fondement vu que les bailleurs octroient leurs financements aux Organisations qui travaillent la plupart des cas dans des programmes de développement communautaire dont bénéficie la population nécessiteuse.

Ces réformes, si elles sont mises en place, feront basculer le Burundi dans un État-providence qui ne fera qu’aggraver la situation politique, socio-économique, ainsi que celle des droits humains, qui est par ailleurs préoccupante dans ces moments où certains bailleurs ont annoncé qu’ils vont suspendre leur aide aux financements si le Président brigue un « troisième » mandat.

Les Organisations LGBTI affectées au premier plan

La mise en place d’une Commission visant à réguler les activités des Organisations non gouvernementale va à l’encontre de tous les conventions et traités dont le Burundi a ratifié. Par ailleurs, la Constitution du Burundi dans son article 19 indique que : « Les droits et devoirs proclamés et garantis, entre autres, par la Déclaration universelle des droits de l’homme, les Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative aux droits de l’enfant font partie intégrante de la Constitution de la République du Burundi. Ces droits fondamentaux ne font l’objet d’aucune restriction ou dérogation, sauf dans certaines circonstances justifiables par l’intérêt général ou la protection d’un droit fondamental.

Même si ces mesures vont affecter toutes les ONG travaillant au Burundi en général, les Organisations qui travaillent sur la thématique LGBTI seront affectées en particulier. A l’heure actuelle, aucune Organisation d’identitaire LGBTI n’a encore été enregistrée malgré les multiples tentatives. Les réformes annoncées par le Président de la République risquent d’anéantir les efforts et le travail de plaidoyer déjà engagé depuis 2009 par les Organisations LGBTI du Burundi.

Lire aussi :

  1. 26/08/2015_Message du Président Burundais, à la Nation, au lendemain de la formation du gouvernement.
  2. 28/08/2015 _ La société civile Burundaise divisée sur le CNARED.

12 août : Journée Internationale de la Jeunesse. Pour quelle jeunesse ?

Originally posted on celia kayonde raconte:

Étrange question !! Diriez-vous. Et pourtant, cela vaut réellement la peine de poser une telle question, au moment où toute la jeunesse ne s’y sent pas effectivement.

La jeunesse, moteur de la société, a vraiment besoin d’une attention particulière, à tous les points de vue. C’est sûrement pour cette raison qu’une journée lui est dédiée exclusivement, chaque année. Pour 2015, l’idée de la journée s’est surtout focalisée sur l’ « Engagement civique de la jeunesse. » L’événement arrive au moment où le Burundi est en pleine crise politique, touchant essentiellement cette couche de la société. Ceci arrive aussi au moment où la population de moins de 25 ans au Burundi constitue 65 % sur une population totale de 10,3 millions d’habitants[1], 65 % d’une catégorie de la population dite « vulnérable».  Sur 19,3%  des personnes actives au Burundi, 17,2% sont chômeurs (au sens du BIT) et sont entre 10 et 29 ans.

Voir l'original 466 mots de plus

Journée Internationale de la jeunesse : « Engagement civique des jeunes »

Les jeunes constituent une des plus grande partie de la population mondiale actuelle, traversants différents situations et défis au quotidien. Peu importe qui ils sont, qui ils aiment et combien ils aspirent à se développer, n’oublions pas leurs conditions et travaillons à encourager leurs engagements dans les actions civiques de paix, de justice, de droits humains et de développement durable. En leurs permettant l’accès aux ressources et aux opportunités, nous facilitons beaucoup plus d’initiatives pour se rassembler, s’organiser et prendre des actions qui contribuent à améliorer leurs conditions et à apporter développement durable pour nombreux plus d’entre eux.  #YouthDay  #BurundiYouth  #LGBTYouth

Déclaration sur les violences à l’encontre de P.C. Mbonimpa

Pierre Claver Mbonimpa

Bujumbura le 05 Août 2015.

Le Mouvement pour les Libertés Individuelles, MOLI Burundi s’allie à la société civile burundaise, et aux défenseurs des droits de l’homme pour dénoncer et condamner l’escalade de la violence au Burundi et par la présente dénonce ouvertement l’attentat à la vie commis sur la personne de Pierre Claver Mbonimpa dans la nuit du 3 Août 2015 à Bujumbura.

Le respect des droits de l’homme et de l’intégrité de la personne humaine sont les piliers d’un Etat de droit, de la démocratie et du respect de la liberté d’expression. MOLI Burundi est profondément concerné par la dégradation du climat politique au Burundi et de ses conséquences sur le travail des Défenseurs des Droits Humains.MOLI appelle le gouvernement du Burundi à garantir la sécurité de ses citoyens et à protéger les Défenseurs des Droits Humains.

De surplus, MOLI se joint à la société civile burundaise et la communauté internationale et appelle toutes les parties prenantes dans la crise burundaise de trouver un consensus pour mettre fin à ces violences et exhorte l’Etat Burundais de mettre la lumière sur ce crime ignoble et traduire ses auteurs devant la justice. »

Les droits des homosexuels et la situation politique actuelle au Burundi

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Du coup, on penserait qu’il n’y a aucun lien. Et pourtant si, puisque des cas ont déjà démontré qu’il y a une relation de cause à effet entre le fait d’être homosexuel au Burundi, et la situation politique que vit le Burundi actuellement.

Au moment où l’homosexualité est incriminée au Burundi depuis 2009, la communauté LGBT au pays reste terrée dans sa solitude, et a peur de se manifester à cause des discriminations et stigmatisations. Du coup, le sujet est rendu davantage tabou par un manque d’ouverture sur des discussions et des débats « constructifs » par rapport au respect et à la tolérance des personnes LGBT dans la société burundaise. Pour s’en rendre compte par exemple, il suffit de jeter un coup d’œil sur les commentaires de l’article Homosexualité : un mal venu d’ailleurs ? de Jean Marie Ngendahayo, paru sur le site du Groupe de presse Iwacu, le 9 mars 2014 ou de se demander les motivations de ce poste avec un titre aussi évocateur sur les opinions de son auteur, par rapport à l’homosexualité.

La crise politique actuelle influe sur les droits des LGBT

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Deux jeunes hommes assistant à une représentation théâtrale sur la « santé sexuelle et reproductive » dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke, Burundi, février 2015. (Photographie: Source privée.)

« Avant la crise, on ne connaissait pas beaucoup de cas de violations des droits LGBT », se désole Lamec Niyongabo* , un gay qui cite deux cas de violence envers ses deux amies Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et une transphobie aux allures inquiétantes.) observés pendant la période de contestation de la 3ème candidature du président Pierre Nkurunziza. Deux Trans qui se seraient fait violenter par des inconnus à la sortie d’une même boîte de nuit à des jours différents. Un autre cas est celui d’un jeune gay de 19 ans qui s’est fait violer sexuellement jusqu’à perdre beaucoup de sang. Pour Lamec Niyangabo*, tous ces agresseurs profitent de la situation actuelle du pays pour commettre ces forfaits, parce qu’ils pensent peut-être qu’ils ne seront pas poursuivis, « du moment qu’au Burundi, les LGBT sont vus d’un mauvais œil en général. ». Lamec Niyongabo* a lui-même été sollicité pour faire la ronde de nuit, mais « ne se sentant pas prêt à l e faire suite à ma situation, j’ai prétexté que je ne pouvais pas faire une ronde de nuit sans être armé, et on n’a pas insisté là-dessus parce qu’on voyait aussi que je n’étais pas du genre à faire une surveillance de nuit. » En réalité, comme il le dit lui-même, c’était un prétexte. « J’avais tout simplement peur d’y aller, parce que j’étais conscient que suite à ma condition de gay, je n’étais pas bien vu de tout le monde, et que donc, toute forme de violence pouvait m’arriver. » C’est ainsi donc que la condition LGBT peut restreindre la possibilité de participer à ce qui se passe dans sa société, par peur de mauvaises conséquences qui peuvent arriver.

Le droit de vote des LGBT mis en cause

Ce n’est pas seulement par peur de ce qui peut leur arriver que les LGBT ne s’engagent pas dans leur société, c’est aussi par manque d’intérêt. Ainsi, comme nous le rapporte Célia Kayonde dans son article Burundi : La communauté homosexuelle ne votera peut-être pas !, sur une cinquantaine de jeunes LGBT interrogés, deux seulement étaient prêts à aller voter. Motif : «Pourquoi je perdrai mon temps à aller donner ma voix pour des hommes qui ont adopté une loi sur la pénalisation de ce que je suis?», rapporte Célia, citant un jeune homme interrogé. Selon l’auteure de l’article, « les homosexuels, eux, ne savent même pas pour qui ils voteraient si jamais ils le faisaient puisqu’aucun candidat qu’il soit libre ou engagé dans un certain parti politique, aucun n’a engagé le sentiment de défendre leurs droits. » Bémol : une jeune lesbienne, elle, pense que « si les jeunes comme elle continuent à penser que ça ne sert à rien de participer aux élections parce que l’on est discriminé, ils seront toujours oubliés et persécutés, voter serait une façon de créer un changement. »

Alors que l’article 20 de la Constitution du Burundi stipule très bien que « tous les citoyens ont des droits et des obligations », il est remarquable que certains des citoyens restent non convaincus de leurs devoirs civiques. Ceci à cause des situations d’injustice auxquelles ils font face souvent, des situations prenant force dans des législations mises en place par leur propre Etat et en summum de leurs difficultés de vie, nombreux d’entre eux font encore face à des affirmations d’inexistence de « ce genres de personnes » dans la société locale. Si le pas à franchir pour beaucoup d’entre eux reste grand et que certains de leurs revendications premières ne s’apparentent en rien au mariage ni à l’adoption mais plutôt le respect, la tolérance, la protection et le droit à la vie privée, une mention finale à porter à cet article va dans le sens de chacun à prendre la responsabilité pour promouvoir les droits humains, l’accès aux opportunités de vie en égalitaires et le développement d’ensemble avec sécurité et protection.

*Pour des raisons de sécurité et d’anonymat le nom de la personne a été changé.

Lire aussi, BURUNDI: l’Etau se resserre autour des homosexuels?

 

Face à la violence…un de plus et sûrement pas le dernier.

Si les deux dernières histoires en date, de violations envers deux personnes Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et Une transphobie aux allures inquiétantes.), alimentent encore les conversations, des questionnements se posent désormais sur l’évolution de ces situations. Ça reste très inquiétant de savoir que des personnes continuent à se faire agresser et qu’il est difficile de savoir à propos de ces violations à cause du manque de cadre légal, pour les activistes LGBT de travailler en identitaire des objectifs de leur travail, mais surtout de s’organiser et de prendre action pour changer les choses.

La dernière violence a été faite à l’endroit d’un jeune gay qui a été violé alors qu’il rentrait chez lui. Il nous raconte comment ça s’est passé.

« Vivant au nord de la Capitale Bujumbura, je rentrais à 02h du matin en provenance d’une fête. Arrivé sur la route principale, j’ai vu deux hommes venir en ma direction et soudainement le premier m’a pris par la gorge et le deuxième s’est mis derrière moi, m’ordonnant de me pencher vers l’avant. J’ai senti alors qu’il me mettait de la salive au niveau de l’anus et qu’il commençait à me violer. Quand il a fini, le deuxième aussi a fait de même. J’avais tellement mal et avais peur que je n’arrivais même pas à crier. Je ne faisais que pleurer ; lui aussi m’a pénétré et là j’ai commencé à saigner. Quand il l’a remarqué, il m’a lâché. Je suis rentré doucement parce que n’ayant aucune force et à 9h quand je me suis réveillé, j’ai remarqué que j’avais perdu beaucoup de sang, je me suis vite présenté à une structure de santé assez friendly pour moi mais comme c’était un samedi, ils n’avaient pas encore ouvert. J’ai dû attendre jusqu’à 12h pour voir le médecin. Il m’a alors confirmé qu’il y avait eu des déchirures au niveau rectal et m’a procuré les premiers soins et une prescription de médicaments, … » Eris*

A seulement 19 ans, ce jeune homme a sans doute eu la plus traumatisante des situations de sa vie et jusqu’à présent, personne ne sait encore en chiffres exacts, combien d’autres jeunes gens dans des situations pareilles ne trouvent pas le courage de s’exprimer sur cela et y apporter solution. Or, les jeunes LGBT, au même titre que d’autres jeunes de leur âge, ont le droit d’évoluer dans des conditions sécurisées et favorables à leur épanouissement. L’impact de l’homophobie dans les sociétés locales fait que certains d’entre eux sont chassés et/ou laissés à eux mêmes par leur propre entourage (lire l’histoire de Housna ), souvent sans aucun soutien moral et/ou matériel (Lire les Histoires de nos vie sur le blog l’Atelier AGACIRO).

Si comprendre l’homosexualité reste un défi pour beaucoup de burundais, l’intérêt à porter à la lutte contre l’homophobie et sur la protection des membres de famille, ami(e)s et/ou voisin(e)s LGBT reste aussi avec un pas assez grand à franchir. L’homophobie détruit la vie des jeunes LGBT. Elle les pousse dans des situations de frustrations et vulnérabilités accentuées. Ceci influe beaucoup sur leurs capacités et leaderships de développement, ce qui accentue leurs marginalités dans les sociétés locales, puisque n’arrivant pas à être « des personnes qui réussissent. ».

Peu importe ce qui ils sont, les jeunes, puisqu’étant l’avenir, méritent toute l’attention pour être écoutés et épaulés afin d’accéder à la sécurité tant mentale que physique, capable de les procurer assez de forces pour se développer en harmonie avec le total potentiel de leurs capacités.

*Pour des raisons d’anonymat et de sécurité, les noms ont été changés.

Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)